Un peu d’histoire

Extrait de l’article « La Potue, une fanfare pas vraiment comme les autre ! »,paru dans le journal La Broye le 14 janvier 2000

Un bugle abandonné…

Il faut chercher les origines de « La Potue » au lendemain de la Première Guerre mondiale, dans un bugle qui traînait au coin d’une pièce, chez Alcide Bovet, trompette militaire domicilié à Cerniaz. L’instrument fascinait Auguste Tenthorey, jeune homme de Dompierre, qui multipliait les prétextes pour se rendre chez son oncle Alcide, histoire d’en pousser une dans le bugle, sous les conseils avisés de l’aîné.

L'oncle Auguste

L’oncle Auguste

S’il a toujours eu l’enthousiasme discret, Auguste Tenthorey a su transmettre son goût pour la musique et rapidement il a entraîné une équipe de copains dans son sillage. Ensemble, ils partirent deux à trois jours animer les bals de Bénichon. La formation était alors à géométrie variable et en fonction des travaux agricoles, le trompette de l’après-midi n’était pas obligatoirement le même qu’en soirée. Mais ça marchait bien ainsi.

Après une éclipse liée aux mobilisations de la Deuxième Guerre, « La Potue » a connu une renaissance appréciée dans la région vers les années cinquante et on ne compte plus le nombre d’adolescents qui ont vécu leur première approche de la musique sous le bienveillante autorité de l’Oncle Auguste, toujours fidèle au poste.

Il y avait les célèbres courses de « La Potue », la traditionnelle corvée du bois le 3 janvier pour assurer le chauffage de la salle du Casino pendant les répétitions et les productions publiques jamais programmées bien à l’avance, mais toujours bienvenues.

A la suite de quelques décès douloureux, la fanfare s’était une fois encore mise en veilleuse durant une dizaine d’années. Une autre formation n’aurait pas survécu à une telle interruption de ses activités, « La Potue » oui. Dès 1970, l’Oncle Auguste (encore lui !), remet sur pied une équipe de jeunes musiciens parmi lesquels sévit l’un de ses petits-neveux, Jean-Michel, qui tient même la baguette durant quelques saisons. L’avenir est assuré, Auguste Tenthorey peut s’en aller le cœur léger.

Et puis est venue l’ère du directeur actuel, Patrick Defferrard qui a donné une belle vitalité à cette petite fanfare villageoise pas comme les autres, puisqu’elle n’a jamais participé à un concours officiel, à une seule rencontre régionale ou cantonale de musique… Avec ses quinze musiciens actifs et une dizaine de cadets formés par le directeur actuel, « La Potue » reste imprévisible, spontanée, jamais décevante.

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